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Mornant, près de Lyon

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• De retour à Mornant, dans la bibliothèque de Simone. Encore une belle soirée chez Anne-Marie, j'inaugure même sa “cabane à artistes” !
La première classe que je rencontre est celle de l'école “Le Petit Prince”… Les enfants ont déjà voté pour les Incos, mais quelques-uns seulement ont lu “L'école du désert”… Bon. Les enfants n'ont pas beaucoup de questions à poser, forcément. Mais petit à petit les mots se délient. Une enfant tout habillée de noir dont j'ai malheureusement oublié le prénom a lu le livre, elle. Et elle a des tas de questions à poser. Elle est vraiment devenue une amie de Noura, ses remarques sont sensibles et pertinentes. Mesdames, Messieurs les enseignants, une rencontre avec un auteur, c'est une rencontre avec son ou ses livres : s'il vous plaît, que les enfants aient lu les livres de l'auteur, sinon la rencontre est stérile et tout le monde perd son temps.
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• Toujours à l'école “Le Petit Prince”, une autre classe. Ici, les enfants ont lu le livre et ils ont écrit le chapitre cinq à leur manière, juste en regardant les illustrations. Nina, qui parle anglais, finit par accepter que je lise le sien, elle a le livre chez elle et elle viendra chasser les grillons de “À l'ombre du tilleul” à la bibliothèque. Deux Maxime dans cette classe, dont un spécialiste de vaisseaux spatiaux. Ophélie, et ses beaux coloriages, avec de belles phrases bien construites, et le magnifique cahier d'Emmanuelle, plein de couleurs et de dessins. Tous les enfants ont écrit, dessiné, lu. Ils m'offrent même un poème sur le désert ; l'instant est magique.
•  Les CE1-CP d'Anne écrivent des cartes postales. Je rencontre Adeline, qui est venue faire du sport avec ses copains et qui est restée pour la visite à la bibliothèque. La classe de Marie, de l'école du Puits de la Forge, écrit aussi. Les crevettes et les crabes de sa classe ont lu “Le tilleul”, leurs dessins sont magnifiques. Une rencontre qui donne de l'énergie et qui répond à la question “pourquoi j'écris ?”.
Décidément, il fait bon venir chez Simone, à Mornant.
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Trouville (Normandie)

• Prendre le train pour Trouville, un dimanche matin de plein soleil, c'est un peu entrer par effraction dans “les Vacances de Monsieur Hulot”. Maman et ses trois enfants débarquent dans la rame bondée, pelles, seaux et planche pour le plus grand, tout y est. Mais de place pour s'assoir, point. Alors madame installe sa famille sur les étagères à valises, mal aux fesses et râleries assurés. Des amoureux comparent leur crème solaire, des copines leurs téléphones et les SMS de leurs fiancés, des dames beaucoup plus chic enfilent les lieux communs. Je pose mon livre sur mes genoux, je regarde le paysage défiler. C'est vrai qu'il fait beau.
Le dimanche, à Trouville, c'est salon pour la jeunesse. Les “autres”, ceux qui écrivent pour les “grands”, ont eu salon le samedi. On retrouve des auteurs déjà bronzés, d'autres qui se sont baignés, l'ambiance n'est pas très studieuse.
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• Le lundi matin, rencontres dans les classes. Trouville n'est pas une ville pour le plein soleil. Les toits en ardoise absorbent la chaleur qui se liquéfie dans les salles de classe, le sommeil pourrait guetter nos lecteurs, mais non, ils sont là, questions et dessins à l'appui. À l'école Guillaume le Conquérant, je rencontre Mohamed, Ambre, Danaël, Mathilde et Margot, Luka et les autres. Puis, chez Adeline, on écrit des cartes postales. Lola m'offre un livret des dessins de leurs passages préférés et je retrouve Milunka, qui est déjà venue me voir la veille au salon. Samantha dessine un beau cœur vert, comme un cerf-volant dans le ciel bleu de Trouville.
L'après-midi, à l'école Jeanne d'Arc (que de guerriers dans ces écoles !), Victor m'offre la lecture de sa carte postale, écrite de New York, puis Dorian, Léa, Souraya, Quentin… questionnent, écrivent, lisent et me montrent leurs beaux dessins de sable. La journée s'étire, les enfants ont du mal à ne pas bâiller, il fait plus de trente degrés dans la pièce, il est temps de prendre une grande récré !
• Retour sur Paris après deux jours de “Trouville sur Livres” comme une douce parenthèse. Avec en prime une très belle rencontre de voyage : merci Jacqueline.
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École rouge, place Jeanne d'Arc, Paris XIIIe

• Ce matin, je rejoins Mathilde, de la librairie Jonas, pour une fête du livre dans “l'école en briques rouges” de la place Jeanne d'Arc. Voulue par les parents d'élèves FCPE, cette fête mobilise toute l'école autour d'un stand d'échanges de livres, d'ateliers et de rencontres.
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• Les CE1-CE2 de Françoise Liska-Baptiste ont préparé une liste de questions. Des études pour devenir écrivain à la surveillance de l'imprimeur, les enfants sont curieux et pointilleux. Au point que, après tant de rencontres, cette fois, c'est “la honte” comme ils disent : une enfant me fait remarquer, en passant, qu'il y a deux fautes dans le livre, et pas des petites… Allez, je vous aide : la plus grosse est page 11, en début de chapitre (comme ça, on la voit mieux !). Me voilà mortifiée, penaude, désemparée. Oui, l'auteur signe un "BAT" (bon à tirer), oui, il est responsable des fautes dans le livre. Aucune excuse. En tout cas, désormais, ces enfants sauront que les livres aussi peuvent faire des fautes…
Luu-Ly m'explique qu'elle veut devenir écrivain, elle écrit des poèmes. La récréation a sonné, mais le dialogue continue. La photo de groupe, puis les signatures. Françoise me raconte comment, dès que les vacances arrivent, elle s'envole pour l'Afrique et devient professeur dans le cadre de “la Main à la pâte”, et comment ces expériences enrichissent sa vie. Une maîtresse de rêve, Mme Liska-Baptiste. “Mia ga do go”* à vous, Françoise !
* “Au plaisir de vous revoir” en langue éwé du Togo.
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École Curial, Paris XIXe

• Rendez-vous pour déjeuner avec Michael Espinosa, auteur et instituteur à l'école Curial. Michael a les poches pleines de projets et de livres en préparation. Très proche des enfants, c'est un amoureux des mots et des histoires à faire frémir…
Allez lui rendre visite sur son site !
• L'école Curial, un immense bâtiment où on se perd, construit autour d'un minuscule jardin qui pourrait avoir le charme des endroits du bout du monde, mais on ne peut plus rien y cultiver, la terre est polluée… L'école organise le “Lecturial” (j'ai corrigé, merci Michael) : les enfants piochent dans un tas de livres présélectionnés, au gré de leurs envies, sans véritable barrière de niveau ou d'âge. Les enseignants sont là pour les guider, les enfants deviennent lecteurs, puis jury. “L'école du désert” fait partie de la sélection du Lecturial 2006, youpi !
• Les CE2 de Charlotte m'accueillent dès la cour de récréation. Des rires, des sourires, de la vie plein les couloirs, l'été est déjà là. Ajar me parle de Ouarzazate. Des livres de “Bob l'éponge” et des revues de jeux vidéos plein son cartable, Kamel est content de me montrer ce qu'il lit. Mohamed, Ali, Fatouna, Gildas qui parle tant, Jason, Mariam et Maryam : « Attention Madame : une avec un "i" et une avec un "y" ! », tous les enfants sont très présents. Depuis quelques jours, la maîtresse leur lit “Le journal d'une crevette”, chapitre après chapitre, et, à ma grande surprise, ces enfants de huit ans se posent des tas de questions sur leur future entrée au collège ! Le temps de rencontre passe très vite. Avant que je parte, Kenett me donne un petit bout de papier : son autographe. Je le glisse précieusement dans ma trousse.
• Chez Samuel, les CE2 sont sagement assis derrière leur bureau. Stéphane est curieux de livres, difficile pour lui de laisser un peu de place aux copains. Mais Mamadou et les autres ont aussi des tas de questions à poser. Dans cette classe, je rencontre une Noura et une Amel ! Pauline, sage, et Dan, qui refuse d'être sur la photo mais finit par me sourire, au moment de partir…
Le Lecturial ? L'ambiance ? Le mélange des cultures et des racines ? Je ne sais pas ce qui fait la recette de l'école Curial, mais c'est un endroit plein de vie, on y est bien. Peut-être à l'année prochaine, hein, Michael ?
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La Villette, Paris XIXe

• Des enfants partout : dans les immenses salles de La Villette, dans les couloirs sans fin, dans les coins, les recoins, certains embrassent même des piliers malencontreusement placés sur leur course. J'ai été contente de revoir les enfants de l'Abricotine, des Dominos, de Louise Michel, de Martot (“…tot”, maintenant, je sais) : qu'ils disent bonjour de ma part à tous les élèves de Normandie et de Creil que j'ai rencontrés.
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• Ceux de Quimper m'ont envoyé le résultat de leur vote : une école a voté pour “Tom et l'enfant loup”, une autre pour “L'école du désert”, avec un résultat total qui donnait “Tom et l'enfant loup” gagnant.
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Et voilà, c'était exactement ça : le lauréat des Incos 2006 niveau CE1 est “Tom et l'enfant loup” d'André Benchetrit, une belle histoire où les enfants peuvent faire de gros câlins à de vrais loups (un rêve !). Et Noura ? L'histoire de Noura a obtenu le plus de votes d'adultes (ils avaient le droit de voter cette année). “Il faudra”, “La soupe aux cailloux”, “En allant chercher des œufs” et “Amanda Chocolat“, tous les livres étaient “trop bien”, chacun dans son style. Maintenant je peux le dire, mon préféré était “Il faudra”, un texte de Thierry Lenain et des illustrations superbes d'Olivier Tallec.
• Les Incos, c'est vraiment une aventure sur une année, avec de merveilleuses rencontres, des kilomètres et des kilomètres, des sourires, des questions posées et reposées, mais à chercher des réponses toujours un peu différentes, ça fait réfléchir. Et ce n'est pas fini : il me reste deux rencontres, vite, vite, avant les vacances ! Un grand merci à l'équipe : Marianne, Élise, Tiphanie…
• Et bon vent aux nominés et aux Incorruptibles, petits et grands, de l'année 2006/2007 !
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Besné, estuaire de la Loire

• Arrivée à Saint-Nazaire pour rencontrer une classe de CE1. À la gare, le soleil, Anne-Laure et Marie-Claire. On déjeune rapidement dans une brasserie… alsacienne puis départ pour Besné. Besné, c'est un vrai village, avec une église au milieu, la mairie collée à l'église et la toute nouvelle médiathèque en face, la médiathèque George Sand. Parce qu'à Besné, on est conscient à la fois de l'importance du livre et de celle des femmes. J'ai juste le temps de feuilleter de très beaux albums : une médiathèque neuve, c'est aussi un très beau choix de livres récents (bravo Anne-Laure !).
Les enfants arrivent, les murs résonnent, ça pépie et ça bruisse. Fatigue de mon côté ? Fatigue des enfants en cette fin d'année ? Le soleil, dehors, nous nargue : on serait tellement mieux à courir sous les arbres ! Mais Wendy, Matisse et Matisse, Anaïs et sa sœur Anastasia veulent des réponses à leurs questions : la maîtresse a préparé une belle feuille, et chacun à leur tour ils me demandent comment écrit un auteur (comment il trouve des idées) et comment il écrit (avec un stylo ? un ordinateur ?). Les conversations se croisent, les sujets aussi. La maîtresse a lu en classe des passages du “Journal d'une crevette”, et voilà nos Besnéens de sept ou huit ans très curieux et inquiets de leur future entrée en sixième ! Ils écrivent des cartes postales où Sami combat les dragons pendant que Noura part dans des galaxies de cinéma… Dans ce tourbillon, Valentin reste tranquille, il écoute. Mais c'est l'heure de partir, le car les attend. Et Marie-Claire me fait un beau cadeau : les marais de la Brière, le calme, l'horizontal, les senteurs de menthe, les fleurs et les oiseaux (et même des oiseaux en carton pâte !), puis le chantier naval de Saint-Nazaire, la puissance d'une histoire ouvrière qu'on devine, qu'on imagine, dans ce paysage industriel. Je pense que je reviendrai par ici, c'est beau. Et en octobre, à Besné, il y a un festival des sorciers et des sorcières !
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