mars 2006
Val-de-Reuil, Normandie, le retour
vendredi 31 mars 2006
Jeudi 30 mars, arrivée au petit matin à Val-de-Reuil, sans la neige cette fois.
Immersion immédiate dans le bouillonnement d'énergie d'Annie. C'est que cent quatre classes incorruptibles, les rencontres avec les auteurs, les ateliers lecture de Rosa, les ateliers calligraphie et autres activités de découverte à mener, ce n'est pas rien ! Heureusement, Annie, tel le fameux Zébulon, s'active. Plus paisible, Gene s'assure que tout va bien ; le duo fonctionne à merveille.
• 9h20, premières rencontres à Romilly. Il est tôt, les enfants sont sages. Rachel, la seule à poser des questions, commence à dire que si les garçons sont envoyés à l'école plutôt que les filles, c'est parce qu'ils sont plus forts. Quand je lui fais remarquer que là c'est elle qui ose poser les questions, et pas les garçons, elle reste un instant perplexe puis a un grand sourire.
• L'après-midi, dans la lumineuse bibliothèque d'Alizay, rencontres avec des classes du village, de Criquebeuf et de Martot. Perrine a des dizaines de questions, Roxane sait tant de choses sur les étoiles et sur le désert. Enfin, Gabriel, enfant de grande section dans une classe à plusieurs niveaux, remarque que son père habite “à la fin de l'autoroute, tout à la fin”. Une autre forme de désert... Une belle phrase, je la garde : merci Gabriel.
• Le lendemain, pas de car : il est réquisitionné pour les rencontres sportives. Plus facile de trimballer un auteur qu'un stade ou une piscine, me voilà donc en balade dans les écoles Louise Michel et Léon Blum. Un certain vertige me prend devant tant d'enfants...
• Après-midi dans la médiathèque de Val-de-Reuil. Les enfants des écoles des Dominos, des Cerfs-Volants et de l'école Coluche défilent. Ils sont intarissables, ils connaissent Noura et son histoire mieux que moi. Amina en ajoute même des pans entiers, et c'est génial. Pauline, Alicia et Michaël s'inventent un cousinage dans la famille “blanc-black-beur”, leurs sourires sont de vrais soleils. Christopher me souffle qu'il est fan de serpents, Anne-Lise me glisse au creux de l'oreille le nom de son pays d'origine, comme un secret qu'elle m'offre. Justin n'a rien dit, il vient me dire au revoir à part, tout seul, à la fin de la rencontre. Il a aimé l'histoire de Noura, et moi j'ai aimé vous rencontrer, Ryan, Nathanaël, Valentine, Laura, Amélie, Yasmina, Zina, Camille, Davina et vous tous.

• 9h20, premières rencontres à Romilly. Il est tôt, les enfants sont sages. Rachel, la seule à poser des questions, commence à dire que si les garçons sont envoyés à l'école plutôt que les filles, c'est parce qu'ils sont plus forts. Quand je lui fais remarquer que là c'est elle qui ose poser les questions, et pas les garçons, elle reste un instant perplexe puis a un grand sourire.
• L'après-midi, dans la lumineuse bibliothèque d'Alizay, rencontres avec des classes du village, de Criquebeuf et de Martot. Perrine a des dizaines de questions, Roxane sait tant de choses sur les étoiles et sur le désert. Enfin, Gabriel, enfant de grande section dans une classe à plusieurs niveaux, remarque que son père habite “à la fin de l'autoroute, tout à la fin”. Une autre forme de désert... Une belle phrase, je la garde : merci Gabriel.

• Après-midi dans la médiathèque de Val-de-Reuil. Les enfants des écoles des Dominos, des Cerfs-Volants et de l'école Coluche défilent. Ils sont intarissables, ils connaissent Noura et son histoire mieux que moi. Amina en ajoute même des pans entiers, et c'est génial. Pauline, Alicia et Michaël s'inventent un cousinage dans la famille “blanc-black-beur”, leurs sourires sont de vrais soleils. Christopher me souffle qu'il est fan de serpents, Anne-Lise me glisse au creux de l'oreille le nom de son pays d'origine, comme un secret qu'elle m'offre. Justin n'a rien dit, il vient me dire au revoir à part, tout seul, à la fin de la rencontre. Il a aimé l'histoire de Noura, et moi j'ai aimé vous rencontrer, Ryan, Nathanaël, Valentine, Laura, Amélie, Yasmina, Zina, Camille, Davina et vous tous.
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Cournonterral, Paulhan et Vendargues, Languedoc
vendredi 24 mars 2006
Deux jours de balades dans la garrigue au début du printemps, c'est un vrai cadeau : merci la DDLL (Direction Départementale du Livre et de la Lecture pour les ignares des sigles comme moi). J'avoue, en plus, j'ai un petit faible pour ces contrées, j'y ai semé mes souvenirs d'étudiantes et des rencontres livresques qu'on n'oublie pas.
• Mais revenons à nos moutons. J'allais à Montpellier pour deux jours de rencontres bien réelles avec les lecteurs de “L'école du désert” dans les bibliothèques et les écoles de trois villages. À Cournonterral, café du matin et rencontre avec deux classes dans la bibliothèque de Gérard, une bibliothèque de livres, parce que Gérard, il est là pour les livres, et pour les enfants aussi. Pour écrire, Juliette, déjà pro de la concentration, s'isole sous une table. Mais l'inspiration ne vient pas, une autre fois, peut-être.
• À Paulhan, une récré de rêve : le soleil, les platanes, les enfants courent et s'inventent des mondes : « On dirait que je suis un monstre et que je veux manger les maisons, et toi tu es la maison… » Tristan a du mal à retenir toutes les questions qu'il a envie de poser, tout ce qu'il a envie de dire, et c'est tant mieux. Bonjour à Sébastien, qui a voyagé d'Afrique jusqu'à Paulhan en passant par la Bretagne et Crozon...
• Dans la bibliothèque de Vendargues, deux classes, et du bonheur. Est-ce le printemps, est-ce le temps, entre pluie et soleil, un temps à arc-en-ciel ? Ou bien la maîtresse est-elle une fée qu'on n'aurait pas reconnue, déguisée sous ses habits de tous les jours ? Une matinée hors du temps : les perles fusent, les vraies questions remplissent les yeux de curiosité, des instants de vie sont offerts et... cerise sur le gâteau au parfum de thym et d'anis, je rencontre une vraie Noura ! Elle écrit son prénom Nora, mais on dit Noura. Ses yeux ont le même éclat intense que “ma” Noura imaginée : un miracle, je vous dis... Je salue ici sa mère, qui ne s'appelle pas Noura mais qui a donné à sa fille ce regard-là.
À la question « pourquoi on envoie les garçons à l'école et pas les filles ? », Emma répond à ma place, c'est une évidence : « Ben les garçons ils savent pas travailler eux, alors il faut bien qu'ils aillent à l'école pour apprendre”. Il y a aussi Lolita, Alexis, Antoine et... et tous les autres. Et puis Constant, bien sûr, qui me récite avec un aplomb que lui envieraient bien des auteurs "professionnels" une poésie qu'il a écrite, lui tout seul. Ben pourquoi, il y a des gens qui ne savent pas écrire des poésies comme ça ? À Vendargues, ça pousse sous les platanes, les poètes.
• Mais revenons à nos moutons. J'allais à Montpellier pour deux jours de rencontres bien réelles avec les lecteurs de “L'école du désert” dans les bibliothèques et les écoles de trois villages. À Cournonterral, café du matin et rencontre avec deux classes dans la bibliothèque de Gérard, une bibliothèque de livres, parce que Gérard, il est là pour les livres, et pour les enfants aussi. Pour écrire, Juliette, déjà pro de la concentration, s'isole sous une table. Mais l'inspiration ne vient pas, une autre fois, peut-être.
• À Paulhan, une récré de rêve : le soleil, les platanes, les enfants courent et s'inventent des mondes : « On dirait que je suis un monstre et que je veux manger les maisons, et toi tu es la maison… » Tristan a du mal à retenir toutes les questions qu'il a envie de poser, tout ce qu'il a envie de dire, et c'est tant mieux. Bonjour à Sébastien, qui a voyagé d'Afrique jusqu'à Paulhan en passant par la Bretagne et Crozon...
• Dans la bibliothèque de Vendargues, deux classes, et du bonheur. Est-ce le printemps, est-ce le temps, entre pluie et soleil, un temps à arc-en-ciel ? Ou bien la maîtresse est-elle une fée qu'on n'aurait pas reconnue, déguisée sous ses habits de tous les jours ? Une matinée hors du temps : les perles fusent, les vraies questions remplissent les yeux de curiosité, des instants de vie sont offerts et... cerise sur le gâteau au parfum de thym et d'anis, je rencontre une vraie Noura ! Elle écrit son prénom Nora, mais on dit Noura. Ses yeux ont le même éclat intense que “ma” Noura imaginée : un miracle, je vous dis... Je salue ici sa mère, qui ne s'appelle pas Noura mais qui a donné à sa fille ce regard-là.
À la question « pourquoi on envoie les garçons à l'école et pas les filles ? », Emma répond à ma place, c'est une évidence : « Ben les garçons ils savent pas travailler eux, alors il faut bien qu'ils aillent à l'école pour apprendre”. Il y a aussi Lolita, Alexis, Antoine et... et tous les autres. Et puis Constant, bien sûr, qui me récite avec un aplomb que lui envieraient bien des auteurs "professionnels" une poésie qu'il a écrite, lui tout seul. Ben pourquoi, il y a des gens qui ne savent pas écrire des poésies comme ça ? À Vendargues, ça pousse sous les platanes, les poètes.
Gambsheim, Alsace
lundi 13 mars 2006

Arrivée en musique dans l’école : une centaine d’enfants au nez rose de froid me saluent de "bonjours" chantés dans plusieurs langues, Europe oblige. J’essaie bien de leur répondre, mais je ne trouve qu’un "kenavo" breton. Raté, ça veut dire au revoir.
Je rencontre les enfants de l’école d'Ill-au-Rhin dans la salle de musique, au grenier. Entre la grosse caisse et les pupitres de fanfare, les enfants m’offrent des dessins, des poèmes, des questions et même un superbe grillon en pince à linge.
Louviers, Normandie
mardi 07 mars 2006
La même gare de Val-de-Reuil, sans la neige. La belle ville de Louviers, son lavoir qui donne envie d'y tourner un film en costumes, sa cathédrale tellement dentelée qu'elle s'écroule comme le font les châteaux de sable à la fin de la journée...
Marine, qui n'a pas de question à poser, se cache ; Marvin m’explique des tas de choses sur sa vie, sur la vie. Et Adam. Je ne t'oublierai pas, Adam. Et toi, n'oublie de me raconter ton voyage, le jour où tu auras enfin le droit de retourner au Maroc.
Marine, qui n'a pas de question à poser, se cache ; Marvin m’explique des tas de choses sur sa vie, sur la vie. Et Adam. Je ne t'oublierai pas, Adam. Et toi, n'oublie de me raconter ton voyage, le jour où tu auras enfin le droit de retourner au Maroc.
Val-de-Reuil, Normandie
jeudi 02 mars 2006
La neige, belle et blanche, comme sur les cartes de Noël de mon enfance. Une gare au milieu des champs, et les enfants de Val de Reuil. Marc-Kévin, un enfant ivoirien qui m’a fait le plus beau cadeau qu’on puisse faire : raconter son histoire à lui après avoir lu celle que j'ai écrite. Et le sourire de Nourou devant les photos du désert. Je reviendrai !
